Le cas le plus primitif du dessin de chic : 0 + 0 = la tête à toto !

Le dessin de chic* qualifie au départ un type de dessin réalisé sous forme de séquences graphiques mémorisées et exécutées avec rapidité et spontanéité. On « sait » dessiner un bonhomme, un mouton, un arbre, etc. Le dessin de chic s'aborde par le "plaisir du crayon" et s'apparente à une écriture. Il permet souvent de briller en société : « il a un sacré coup de patte… ».

Il s’agit d’un dessin réaliste mais souvent sans modèle, exécuté avec la connaissance de ce qui peut être. Les applications sont le dessin de situations impossibles à poser, de scènes imaginaires et le dessin narratif. La bande dessinée, entre autres, s'aborde par le dessin de chic.

Bien que le terme soit à l’origine péjoratif, il a pour moi une connotation sympathique et positive. Je l’utilise pour regrouper un ensemble de pratiques telles le dessin de reconstruction (d’après mémoire, d’après réflexion), et le dessin d’imagination  dont le sens est plus large, pour les distinguer de la pratique du dessin d’après nature ou dessin d’observation.

On distingue rarement  ces deux aspects : dessin de chic et dessin d’après nature. Au départ, ils correspondent à des approches et des objectifs différents.

Le dessin de chic ne devrait pas s’opposer au dessin d’après nature. Il le complémente. Les connaissances en dessin de reconstruction permettent d’accélérer le dessin d’après nat ure. Quand on sait ce qu’il est important de voir, on voit mieux. Réciproquement le dessin d'après nature enrichit le dessin de chic.

Pour aborder le dessin par le dessin de chic, consulter dans les liens ou la bibliographie : Max Royo, André Scobeltzine, Johann Sfar même si ces auteurs n’emploient jamais le terme.

*Dessin de chic : Issu sans doute d’un allemand du sud, schick (l’habileté, le savoir-faire), il apparaît en français au début du XIXème siècle dans le langage des peintres. C’est de l’argot de rapin (= peintre médiocre ; élève peintre), du jargon d’atelier : dessiner de chic,  c’est-à-dire de mémoire et sans modèle ; attraper le chic : avoir le chic pour croquer une silhouette... Cette habileté peut-être artificielle et affectée. Baudelaire dénonçait le chic contraire à la vérité et à l’inspiration. Le chic devient alors du chiqué. Explication tirée de Origine des mots et expressions