On ne peut faire valablement de l’aquarelle, sans savoir dessiner (formes, proportions, valeurs, transitions) dans une technique « sèche » telle que crayon, fusain ou même plume ou au moins il faut cultiver le dessin en parallèle avec l’apprentissage de l’aquarelle.

L’un des principaux défauts du débutant est de réaliser des aquarelles « anémiques », c’est-à-dire aux couleurs trop pales, sans saveur. Comme la couleur d’aquarelle s’éclaircit en séchant, il faut apprendre à anticiper. Le contraire de trop pale n’est pas agressif. Toute application sur une surface, d’une couleur d’aquarelle, a tendance à évoluer par diffusion du pigment vers un aplat (une surface unie). On obtient une peinture par plaques qui relève plus du vitrail que de la peinture. Par un dosage de la quantité d’eau, de la concentration du pigment, une utilisation habile du travail sur papier sec ou humidifié de la juxtaposition de couleurs, on arrive à contrer cette tendance.

Éviter de commencer en utilisant toutes les couleurs disponibles de la boîte, on aboutirait à une aquarelle bariolée sans harmonie de couleurs. Penser à la notion de température de couleur. Pour apprendre, s’entraîner à faire quelques aquarelles avec peu de couleurs (au sens pigment) de base en enrichissant progressivement la palette selon le programme suivant :

  1. réaliser des aquarelles monochromes : choisir une couleur susceptible de produire un « foncé » intense : encre de chine, noir d’aquarelle, sépia, bleu d’outremer. On est proche du dessin, du lavis.
  2. réaliser des aquarelles à partir de deux couleurs relativement complémentaires : (bleu de Prusse et terre de Sienne brûlée par exemple) et essayer de reconstituer par dosage relatif une variété de couleurs la plus étendue possible avec ces deux couleurs, (avec b.d.p et t.d.s.b. un vert est au mieux un gris). Il est facile de réaliser une bonne harmonie grâce à la palette réduite.
  3. réaliser des aquarelles à partir de trois couleurs fondamentales (rouge, jaune, bleu) mais en évitant de préférence les couleurs primaires « officielles ». Par exemple, le jaune peut être réalisé par un jaune indien ou un ocre jaune, le bleu par un bleu de Prusse ou un bleu d’outremer, etc.).
  4. à partir des palettes réduites de 1 ou 2 introduire avec parcimonie des couleurs étrangères à la combinaison des deux ou trois couleurs de base afin d’introduire des accents. Ne pas oublier qu’un blanc profond ou plus généralement l’éclaircissement d’une couleur sont réalisés grâce au blanc du papier qui doit être considéré pratiquement comme un « pigment » blanc.